C’est quoi « le couple » en 2026 ?

C’est quoi, concrètement, le couple ? Comment le définir ?
Il est difficile de définir le couple tant ses représentations varient au fil des siècles et des contextes (historiques, politiques, économiques et sociaux).
D’un point de vue juridique, le couple est “reconnu” sous différentes formes : le concubinage, le PACS ou le mariage. L’union en serait donc sa représentation la plus institutionnelle. Mais dans les faits, le couple se décline sous une multitude de formes.
Comme le dit J.-G. Lemaire (psychanalyste et auteur) : « Il y a autant de façons de faire couple que de couples » .
Aujourd’hui, ce qui unit c’est avant tout un lien intime : une relation affective et émotionnelle qui se construit avec ses propres règles, ses propres limites et ses propres contours.

Le couple est-il toujours d’actualité ? Quels sont ses nouveaux enjeux et sa fonction ?
Les études sociologiques le montrent (1) : même si le mariage recule, et que les étapes de vie qui lui étaient autrefois associées (vie commune, union, enfants, etc.) se dissocient, voire disparaissent, le couple reste une expérience quasi universelle. La majorité des individus le vivront au moins une fois au cours de leur vie.
J’entends souvent dire :
« Aujourd’hui, les gens ne restent plus ensemble », « Avant, ils étaient plus heureux en couple », ou encore « Les jeunes ne veulent plus s’engager ».
Pour moi, deux points méritent d’être précisés :
– La longévité d’un couple n’est pas synonyme de bon fonctionnement ni d’épanouissement.
– Les générations précédentes n’avaient pas toujours le choix d’être ou non en couple, souvent pour des raisons économiques ou religieuses.
Au cours du 19ᵉ siècle, on a observé le passage du “mariage de convenance” au “mariage d’amour” : une transformation majeure de la fonction du couple. Mais si le fait de choisir son ou sa partenaire pouvait laisser espérer une union plus libre, il ne garantissait pas pour autant son épanouissement.
Les évolutions contemporaines ont, elles aussi, profondément transformé la notion de couple : les représentations romantiques, la démocratisation du divorce, l’augmentation des partenaires sexuels, l’émancipation et l’autonomie financière des femmes, ou plus récemment, la révolution du consentement (2).
Les attentes envers le couple ont donc changé : passant d’un accord et soutien avant tout matériel et financier à un soutien affectif et émotionnel réciproque. Il ne s’agit plus de durer à tout prix, mais d’être heureux, ensemble et individuellement.
Aujourd’hui, nous cherchons à nous réaliser à la fois comme individus et comme partenaires, et cette double quête redéfinit les fondements du lien amoureux et les enjeux relationnels.

En conclusion : faire couple ça s’apprend et ça se travaille
Si la quête du bonheur et de réalisation personnelle rend ce projet plus libre et authentique qu’autrefois, elle le rend également plus challengeant. C’est une aventure faite d’ajustements, de remises en question et de co -construction.
On voit donc bien, aujourd’hui plus que jamais, que faire couple ça s’apprend et ça se travaille.
Faire couple en 2026, c’est accepter de donner une attention consciente à la relation, une communication ouverte, et une capacité à s’ajuster régulièrement face aux changements, à soi-même et à l’autre.
C’est ce travail d’équilibre, entre autonomie et lien, qui permet au couple d’être et de rester un espace de croissance vivant, nourrissant et durable, non pas par contrainte, mais par choix renouvelés.
Maureen Gilmant, Lyon 2025
Sources :
(1) INED (Institut national d’études démographiques) ;
INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques, Couple et Famille)
(2) La sexualité qui vient. Jeunesse et relations intimes après #MeToo
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