Pourquoi ma thérapie de couple ne fonctionne pas ? (Et pourquoi ce n’est pas toujours le signe d’un échec)

Lorsqu’une thérapie de couple ne produit pas les effets espérés, il est tentant de conclure qu’elle « ne fonctionne pas ». Est-ce réellement le cas ? Pas toujours.

Une thérapie est un espace de travail, de co construction, pas une solution toute prête que le thérapeute applique. Certains obstacles peuvent empêcher le processus de produire les changements attendus. Les identifier permet souvent de mieux comprendre ce qui se joue… et parfois de relancer la dynamique.

Dans cet article, je vous propose de mettre en lumière sept raisons qui peuvent freiner le changement, mais aussi de redéfinir ce qu’est réellement l’objectif d’un travail thérapeutique.

1. L’un des deux n’a pas réellement envie d’être là

Ce qui bloque n’est pas tant le fait de venir « pour faire plaisir » à son partenaire. C’est surtout lorsque l’un vient avec l’idée de changer l’autre plutôt que de comprendre sa propre place dans la relation.

Le travail peut réellement commencer lorsque les deux personnes réalisent qu’elles ont chacune un rôle à jouer dans la dynamique du couple.

2. Attendre du thérapeute qu’il tranche ou donne la solution

C’est une croyance très fréquente.

Le rôle d’un thérapeute de couple n’est ni de prendre parti ni de vous donner des solutions toutes faites. Il consiste plutôt à créer un espace où chacun peut déposer ce qu’il vit, être entendu et compris.

Le thérapeute n’apporte pas des réponses prêtes à l’emploi. Il aide les personnes à construire leurs propres réponses, à développer leurs ressources et à trouver les outils qui leur permettront de faire face aux différentes étapes de leur vie de couple.

3. Écouter pour répondre… plutôt que pour comprendre

« Quand chacun cherche à convaincre, plus personne ne cherche à comprendre. »

Il est normal que les difficultés du quotidien s’invitent en séance. En revanche, si chacun reste dans une logique de convaincre plutôt que de comprendre, il devient difficile de créer du mouvement.

4. Vouloir que le changement soit rapide… et qu’il vienne surtout de l’autre

Le changement passe par la prise de conscience, la mise en action et la répétition. Et cela demande du temps.

Accepter que « j’ai un rôle à jouer » et que les choses ne changeront pas du jour au lendemain est une étape essentielle.

De plus, le changement est rarement linéaire. Il y a des avancées, des retours en arrière, des périodes où l’on a l’impression de stagner. Cela fait partie du processus.

5. Attendre que la relation change sans changer sa propre manière d’y participer

Chacun influence le fonctionnement du couple.

Reconnaître sa part ne signifie pas être coupable. Cela permet au contraire de retrouver une marge de manœuvre sur la situation. Si je fais partie du système et que je souhaite y mettre du mouvement, alors je ne suis pas impuissant.

6. Penser qu’il suffit de résoudre le problème

Modifier un comportement est parfois nécessaire, mais rarement suffisant.

Si nos croyances, nos peurs ou notre manière d’interpréter les situations restent inchangées, les anciens schémas ont tendance à réapparaître.

La thérapie ne cherche pas seulement à résoudre une difficulté. Elle vise aussi à transformer la manière dont chacun entre en relation avec lui-même, avec l’autre et avec les difficultés rencontrées.

7. Parfois, ce n’est tout simplement pas le bon thérapeute

La thérapie est un espace vivant fait de rencontres et d’échanges.

La qualité de l’alliance thérapeutique est aujourd’hui reconnue comme l’un des principaux facteurs de réussite d’une thérapie.

Bien sûr, toutes les approches ne conviennent pas à tout le monde. Mais le plus important est de se sentir suffisamment en confiance et à l’aise pour pouvoir aborder les différents sujets en toute sécurité.

Une thérapie de couple réussie ne se termine pas toujours par une réconciliation

Une idée reçue m’interpelle régulièrement :

« Si le couple se sépare, c’est que la thérapie n’a pas fonctionné. »

Je ne partage pas cette vision. Accompagner un couple, ce n’est pas faire en sorte qu’il reste ensemble à tout prix.

C’est permettre à chacun de mieux comprendre ce qui se joue dans la relation : les fonctionnements qui se répètent, les besoins de chacun, les blessures qui s’activent et la manière dont le couple s’est construit au fil du temps.

Parfois, ce travail permet au couple de retrouver une façon d’être ensemble plus apaisée.

Et parfois, il conduit à une autre conclusion : celle que chacun sera plus serein en poursuivant son chemin séparément.

Dans ces situations, la thérapie n’a pas « échoué ». Elle a permis de prendre une décision plus consciente, plus réfléchie et, souvent, plus respectueuse que si elle avait été prise dans l’urgence, la colère ou l’incompréhension.

J’accompagne également des personnes qui consultent après une séparation. Non pas pour désigner un responsable, mais pour comprendre ce qui s’est joué dans cette relation et éviter que les mêmes difficultés ne se reproduisent ailleurs.

Le rôle d’un.e thérapeute de couple n’est pas de décider à votre place de l’avenir de votre relation. Il est de vous permettre de faire des choix plus conscients, plus libres et plus apaisés, qu’ils vous conduisent à poursuivre votre chemin ensemble… ou séparément.

Maureen GILMANT,
Lyon , Juillet 2026

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